Les Désobéisseurs dans « La Libre »

Qui a dit qu’obéir est toujours la meilleure solution ? Certainement pas ces quatre énergumènes, privés d’école pour cause d’entreprenariat commercial ! La famille Racagnak aux poches déjà bien remplies n’a qu’à bien se tenir : les compères vont se faire entendre et pas qu’un peu ! Mise en scène très alerte (Jean-Michel d’Hoop), marionnettes et quatuor d’acteurs délicieux (Valérie Joyeux, Sophie Linsmaux, Vincent Raoult et Coralie Vanderlinden), scénographie simple et efficace (Aurélie Deloche) ; sans se prendre le chou, l’ensemble fait mouche et vient réveiller les consciences endormies. (S.C.)

Par Sarah Colasse (publié le 11 septembre 2013 dans La Libre)

Une fête aux voisins

Deux voisins se trouvent réunis par une panne générale de courant. Tout les oppose. Parviendront-ils à s’apprivoiser ? Entre la banalité de leur quotidien et un événement mystérieusement soudain, il se passe bien des choses.

Mieke et Paul sont voisins. Disons, voisins germains. Car ils ne se voient pas, se saluent à peine, habitent à trois étages de distance. Un soir, une panne de courant les rapproche. À part la similitude architecturale de leurs appartements, tout les oppose. Goûts musicaux, habitudes alimentaires, façon d’être sont radicalement incompatibles. Mais ces deux solitudes finiront par s’annuler en devenant duo complémentaire.

L’observation est drôle. Les petites manies de ceux qui passent du temps à regarder avec une curiosité cancanière leur quartier depuis la hauteur de leur logement sont justes. Les préjugés face à l’inconnu sont traités en caricature réaliste. C’est bien une comédie allègre, aux répliques qui fusent, aux malentendus risibles. Et les adresses narratives à la salle soulignent qu’il s’agit bien de théâtre, qu’il y a une vie au-delà d’un décor qui marque la frontière entre réel et fiction, que le divertissement en fait partie, que certains événements restent inexplicables puisque parfois le mystère rejoint le journalier.

Les deux comédiens, Valérie Joyeux et Christian Dalimier (par ailleurs co-auteur du texte) ont le naturel comique qui convient sans forcer artificiellement leur jeu. En plus du rire, ils nous apportent un brin de réflexion sur les difficultés des relations humaines, la nécessité de dépasser les apparences.

Par Michel Voiturier (publié le 22 août 2013 dans Rue du Théâtre)

Vu d’ici, dans La Libre

Vive les pannes de courant lorsqu’elles mènent les solitaires à se rencontrer ! Ils ne se connaissaient pas, s’étaient vaguement croisés, nourrissaient quelques a priori, rien de plus. Leur immeuble bruxellois s’animera enfin avec leurs allées et venues, leurs échanges – de visu ou inter-balcons -, leurs danses et leurs rires. Coécrit par Véronique Dumont et Christian Dalimier, ce « Vu d’ici » a la saveur d’un chocolat croustillant qu’on partage avec ceux qu’on aime. En voisins d’immeuble, mis en scène par Vincent Raoult, les irrésistibles Valérie Joyeux et Christian Dalimier s’en donnent à cœur joie. Et nous aussi !

COLASSE SARAH (Publié le mercredi 11 septembre 2013 )

Vu d’ici – Critique du Soir

Il suffit à la Cie Les Pieds dans le Vent de quelques stores, un papier peint clignotant et deux comédiens pétaradants pour embarquer les enfants dans une petite heure divertissante. Un homme et une femme habite le même immeuble. Elle au cinquième étage, lui au deuxième. Ils s’observent depuis longtemps mais ne se sont jamais parlés. Jusqu’à cette panne d’électricité. A tâtons, dans le noir, ils font connaissance. Il aime la musique classique, elle, le rock. Il met des pullover, elle des pulls en V. Il aime les carbonnades flamandes, elle n’aime pas la viande. Bref, tout les oppose, mais un étrange incident va guider la flèche de Cupidon. On rit franchement dans cette comédie rehaussée par un décor génial : un intérieur qui zappe entre deux appartements par le jeu de tasses à double face et de papier peint intermittent. C’est simple et efficace.

Dès 6 ans.

CATHERINE MAKEREEL

Vu d’ici

Compagnie Les Pieds dans le Vent (Théâtre dès 6 ans)

– C’est bizarre, je croyais que vous étiez plus petit. C’est fou comme quand on est plus près, c’est plus grand.
– Eh bien, moi, c’est le contraire : plus près, c’est plus petit.
– Ah bon, vous voulez dire « en général ».
– Non, je veux dire que je pensais que vous étiez plus grande, mais, de près, vous êtes petite.
Mieke habite au deuxième étage de l’immeuble « A la bonne heure ». Paul occupe le cinquième. Ils sont voisins, mais ne se parlent pas. Ils vont être contraints de se rencontrer et de laisser tomber leurs préjugés pour tenter de remédier à une panne de courant.
Contre toute attente, ils se revoient. Un jour, ils deviennent ensemble les témoins d’une intrigue se déroulant dans leur rue…
Comment vont-ils chacun interpréter les bribes de cette curieuse histoire qui gravit un à un les étages ?
Avec ce spectacle, la compagnie retrouve un théâtre qui combine texte et absurdité des situations.
Ecriture : Véronique Dumont et Christian Dalimier
Mise en scène : Vincent Raoult
Distribution : Valérie Joyeux et Christian Dalimier
Scénographie : Emmanuelle Mathieu, Marie Kersten, Vincent Raoult
Construction décors : Guibert Catoire, Karl Autrique
Costumes : Marie Kersten
Création lumière : Dimitri Joukowsky
Musique originale/décor sonore Vincent Raoult
Mouvements Taïla Onraedt
Régie Karl Autrique