Archives pour la catégorie Dans la presse

Petit Penchant dans « Le Soir » ***

Dans cette pièce des Pieds dans le Vent, il suffit d’un étroit plan incliné pour faire pouffer de rire les petits. Eric Drabs, avec ses airs de Mr Bean, et Julie Antoine, avec ses allures de Gavroche, rivalisent d’astuce pour défendre leur pré carré (littéralement). Tout est dans les mimiques, le jeu d’ombres chinoises avec les mains ou la poétique manipulation d’une corde.

Dès 3 ans.

CATHERINE MAKEREEL – édition du 10/09/2014

Petit Penchant dans « Rue du Théâtre »

Sur un espace en pente apparaissent deux personnages. Confrontés aux lois de la pesanteur, il leur faudra trouver un modus vivendi. Faute de quoi, c’est la dégringolade assurée.

Une surface oblique. Nue. Colorée. Une main qui surgit. Explore. Une seconde main maintenant. Même jeu. Au bout d’un moment, une tête et un corps. Alors commence l’exploration du territoire. Et l’expérimentation de l’équilibre. Pénible d’être à l’aise sur une pente, même si elle n’est pas savonneuse. D’ailleurs cela va se compliquer dès l’arrivée de deux nouvelles mains et d’un autre corps. 

À qui le territoire ? Au premier arrivé ? Au plus costaud ? Au plus rusé ? Les actes sont multiples de conquête, de repli, d’affrontement, de trêve, de méfiance et d’apaisement. La solution de la frontière, comme en Belgique, ne semble pas la meilleure. En effet, il y a toujours un des deux, souvent le même, qui s’arroge le droit de la modifier à sa guise. Les conflits reprennent. Parfois se calment. 

Mais nous sommes au théâtre. La corde qui sépare, encercle, divise, protège, constitue un bel outil visuel pour dessiner au sol des créatures épurées. Surgissent un poisson, un canard, une baleine et bien d’autres dessins pacifiques. Ensuite, d’autres gestes permettront la découverte des ombres chinoises, passe-temps créatif bien éloigné de l’artificiel des jeux électroniques. 

Puis le temps passe. La fatigue est là, il est l’heure du dodo. Oui, mais… comment ne pas glisser dans le vide tandis qu’on est assoupi ? Il y a alors l’assistance de l’autre, qui veillera sur son compagnon. Il doit ne pas dormir alors qu’il tombe de sommeil. Rien de tel, finalement, que de s’endormir dans les bras l’un de l’autre.

 Charmant, délicat, poétique, le duo Julie Antoine et Éric Drabs dans ce ‘Petit penchant’ séduit par ses gags, ses onomatopées, sa gestuelle et sa complicité.

Michel VOITURIER – Publié le 20 août 2014

Les Désobéisseurs dans « Le Ligueur »

Voilà un 1er septembre bien particulier ! Pas de rentrée scolaire pour Mado, Ana, Jo et Boris ! En cause, la démolition de l’école du village au profit d’un centre commercial. Sur papier du moins. Car le quatuor de copains ne l’entend pas de cette oreille. « Si l’école ferme, pas de métier, rien dans l’assiette », avertit l’un d’entre eux.

Cependant, l’instituteur, la police, le curé, la bourgmestre : tout le monde s’en tamponne et s’incline devant la puissance de la famille Racagnak, propriétaire des bâtiments. Qu’à cela ne tienne, les amis n’auront pas froid aux yeux et iront au bout de leur combat.

L’histoire se raconte ici avec quatre comédiens-manipulateurs désopilants : Valérie Joyeux, Sophie Linsmaux, Vincent Raoult et Coralie Vanderlinden. Chacun campe à merveille les contours singuliers de son personnage. Jean-Michel d’Hoop (à l’écriture avec Coralie Vanderlinden) a opté pour une mise en scène vive, alerte, joyeuse et surprenante.

Au centre du plateau, une longue barre tourne et s’oscille, emmenant avec elle ou à son bord les protagonistes enfants représentés par d’adorables marionnettes (Aurélie Deloche). Quant aux adultes du récit, des masques très typés les incarnent. Trait forcés, suspense, univers cartoon, périple aux allures du fantastique vers la fin…

Le parti pris artistique est assumé de bout en bout tant dans la forme que dans le fond. On ne s’ennuie pas une seule seconde, on rit et on se lève avec eux contre l’inertie ! (S.C.)

L’inventivité n’est jamais prise en défaut

L’inventivité n’est jamais prise en défaut. Le répétitif est présent, certes, uniquement pour assurer ces repères indispensables aux petits et relancer les mécanismes du comique. L’armoire à surprises ne cesse d’ouvrir des portes ou des tiroirs où se passe un événement neuf, où des personnages différents surgissent. Leur langage est à cent mille lieues des criailleries devenues le lot habituel des voix caquetant dans les dessins animés commerciaux.

Michel VOITURIER